Maman et coeliaque : comment gérer son alimentation et celle de toute la famille ?

 

Etre coeliaque bouleverse les habitudes alimentaires mais lorsqu’on est mère de famille, cela devient un véritable casse-tête ! Les hommes ont beau aider de plus en plus à la maison, les mamans restent quand même le plus souvent aux fourneaux pour organiser les repas de toute la petite famille… Comment faire alors pour concilier au sein du foyer ses contraintes alimentaires avec les envies des autres ? Comment surmonter les repas pris à l’extérieur, par exemple quand la famille est invitée ou mange au restaurant ?

Cet article est basé sur le témoignage de Bérangère, Céline, Christelle, Claire, Delphine, Estelle, Flora, Françoise, Margaux, Marie, Sylvie et Véronique.

 

La cuisine au quotidien chez soi

Comme le dit Marie, « le sans gluten a est un véritable changement, un vrai bouleversement l’organisation familiale » : changer la liste et lieu des courses, traquer les traces de gluten, éviter les contaminations croisées dans la cuisine, consacrer un placard au sans gluten, etc. Pour Françoise, « c’est un véritable obstacle à la spontanéité : il faut être très organisé, expliquer à la famille que rien ne doit être mélangé… » Même les miettes de pain deviennent des ennemies !

La plupart des mamans coeliaques débutent dans le sans gluten en préparant systématiquement deux menus différents, l’un sans gluten, l’autre avec. Progressivement, elles se simplifient la vie en privilégiant des plats naturellement sans gluten pour tout le monde, par exemple poisson-riz ou viande-pommes de terre ou œufs-légumes. Face à la complexité des doubles menus, Véronique s’est rapidement mise à « cuisiner sans gluten pour tout le monde. Le reste de la famille conserve son pain de blé et mange de temps en temps une pizza ou des pâtes ordinaires ». Globalement, « cela m’a permis de diversifier beaucoup plus notre alimentation » (Céline).

Gérer un travail, des enfants et un régime sans gluten demande une sacrée organisation… et du temps ! Surtout que les mamans coeliaques préfèrent bien souvent tout cuisiner « maison » pour des raisons de sécurité et de coût. Bérangère rappelle en effet que « les produits sans gluten restent très chers. Faire soi-même ses pâtisseries est non seulement plus abordable mais aussi plus sain ». Chez Claire, le pain et les produits industriels (biscuits, gâteaux) ont disparus de la maison.

 

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Le soutien très important de la famille

Beaucoup de témoins confient avoir une famille très compréhensive :

  • le conjoint de Flora suit comme elle un régime non seulement sans gluten mais aussi hypotoxique, ce qui est encore plus contraignant
  • le fils de Céline, du haut de ses 9 ans, se sent investi d’une mission et avertit les gens de son mode alimentaire même ceux qui ne sont pas concernés (comme la caissière du supermarché !)
  • la sœur de Marie teste continuellement des recettes de pâtisseries, revisite celles qu’elle préfère en « sans gluten » et lui imprime ses trouvailles !
  • Delphine se confie à sa maman et échange avec elle astuces de cuisine et difficultés au quotidien.

 

Repas pris à l’extérieur

Le sentiment d’une mise à l’écart…

Que ce soit dans un cadre familial ou amical, « beaucoup de remarques comme “une miette ne va pas te tuer”, “c’est à vie ?” n’aident pas à affronter le diagnostic… (Céline). Delphine non plus n’apprécie pas les réactions lorsqu’elle parle de son régime : « on pense souvent qu’il s’agit d’une lubie, un régime à la mode et que ce “choix” ne doit pas enquiquiner les autres. Il est compliqué de d’expliquer que ce n’est pas un choix mais une nécessité pour être en bonne santé ».

Si la belle-famille de Flora fait vraiment attention aux menus, la sienne, s’avère moins impliquée et elle se retrouve souvent à ne pas manger grand chose lors des repas… Margaux se sent elle aussi parfois à l’écart : « quand il y a un dessert contenant du gluten, je ne peux pas en prendre et c’est dur de résister ! ».

Bérangère connaît aussi cela : « quand une soirée pizza entre amis se décide 30 minutes avant de passer à table, pour moi ça se termine avec une soupe… Au début on se sent frustré, gêné. Maintenant, je m’en moque car le plus important c’est d’être ensemble et non ce qu’il y a dans l’assiette. »

Au restaurant également, « on a parfois l’impression de déranger » (Céline). Même si « les enseignes se sont améliorées, il y a encore beaucoup de lacunes en France (problème de formation et d’information). Le choix des plats au restaurant reste limité surtout si on ajoute au sans gluten l’intolérance au lait de vache. » (Bérangère). La dernière fois que Flora est allée au restaurant, elle a dû choisir « sur la carte entière, entre deux plats et aucun dessert. En plus, certains restaurants marquent les allergènes mais pas tous. »

 

Des proches au petits soins… parfois trop !

« Chez mes parents, je viens les mains dans les poches, je sais que ma mère aura quelque chose de spécial pour moi s’il faut. Mon père a même acheté de la bière sans gluten pour que je puisse continuer de trinquer avec lui ! » (Céline).

Véronique prend les choses avec philosophie : elle apporte son pain et s’adapte pour le reste. Par exemple, « pour le couscous, je mange de tout sauf la graine. C’est plus difficile pour les desserts, je suis obligée de faire l’impasse sur la plupart des gâteaux et des crèmes, bûches, galettes mais il me reste toujours les fruits ! ». Nombreuses sont les coeliaques à venir avec un plat confectionné maison, histoire de faire découvrir aux autres la cuisine sans gluten et s’assurer de pouvoir manger au moins un plat ! (cas d’Estelle, Sylvie, Flora, Christelle et Françoise).

Car la pression est parfois grande pour ceux qui invitent. Ils ont tellement envie de faire plaisir ! Bérangère se sent gênée quand ils dévalisent pour elle le rayon sans gluten tandis que Céline regrette « quand ils se mettent en quatre pour faire un plat sans gluten et que je ne peux pas le manger parce qu’il y a un petit détail qui leur a échappé »…

 

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Anticipation reste le maître mot au travail

Quand on ne peut rentrer chez soi pour déjeuner, il est nécessaire de préparer les repas à l’avance pour manger sur place au travail. « C’est une manière de contrôler », souligne Flora. « Je ne peux plus ne rien prévoir comme cela m’arrivait parfois et passer en vitesse à la boulangerie » (Céline). Delphine s’est aménagé des dimanches en cuisine pour préparer ses petits plats de la semaine. « C’est devenu un de mes moments préférés où je prends soin de moi. Je sais aussi que si je ne prends pas ce temps, il est très probable que le midi je “craque” pour une solution de facilité, que je risque de regretter par la suite. » Pour Françoise, « le seul problème est le jour des anniversaires… pas question de manger la tarte gentiment apportée par une collègue ! ».

 

En conclusion

Même si le diagnostic d’une maladie coeliaque est un grand bouleversement pour soi et la famille toute entière, Sylvie nous conseille de « prendre le régime sans gluten comme une opportunité de bien se nourrir ». Pour Véronique et Bérangère, c’est aussi la découverte d’un autre univers culinaire qui permet d’apporter de la fantaisie et d’en faire profiter toute la famille et les amis !

Merci pour tous ces témoignages formidables qui m’ont permis de retranscrire le vécu dans les familles de Bérangère, Céline, Christelle, Claire, Delphine, Estelle, Flora, Françoise, Margaux, Marie, Sylvie et Véronique. Merci de votre confiance !

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7 Comments

  1. germaine février 4, 2019 3:01 Répondre

    Oui pas toujours très simple la vie sans gluten ! Je me retrouve dans tous les témoignages évidemment , à la maison ça va nous ne sommes que deux et mon compagnon a très bien compris que ce n’était pas un caprice ou une mode car témoin de mes nombreuses crises douloureuses ! Je cuisine sans gluten pour tous les deux , car à force je me suis rendue compte que je pouvais adapter presque tous les plats et ainsi je ne me sent pas privée ! Evidemment cela fait cuisiner beaucoup plus , car le sans gluten est très cher ! mais quelle joie de pouvoir manger des biscuits et des gâteaux ensembles sans dire ça c’est pour toi et ça c’est pour moi ! J’ai fait dernièrement un couscous avec de la semoule de maïs , et bien tout le monde a trouvé bon ! Je suis également passer par un véritable casse tête bien sur avant d’arriver à ce que cela soit simple et routinier , reste les repas à l’extérieur , et bien j’emmène mon pain , et selon mon tuper , et tout va bien ! Au resto inopiné j’ai toujours réussi à trouver quelque chose à pouvoir manger , et ça roule … Mais comme je l’ai dit nous ne sommes que 2 à la maison , c’est moins compliqué pour autant que le compagnon soit très compréhensif et impliqué !

    • Victoria février 4, 2019 5:11 Répondre

      Bonjour Germaine,
      Je suis heureuse que vous retrouviez dans ces témoignages et que la cuisine sans gluten soit pour vous plus facile aujourd’hui…

  2. CULLAZ février 5, 2019 10:36 Répondre

    Mon mari à la maladie cœliaque. Au début je faisais tout séparément, c’était un vrai casse-tête, maintenant je fais tout sans gluten, nous mangeons beaucoup plus sainement. J’ai aménagé les recettes et je fais des super bonnes pizzas, des crêpes etc. Exception pour le petit déjeuner où les non cœliaques prennent du pain normal.

    • Victoria février 6, 2019 3:52 Répondre

      C’est en effet souvent la configuration retrouvée dans les familles de coeliaque : cela simplifie les préparations !

  3. DANIELE février 6, 2019 7:58 Répondre

    Eh oui je me retrouve également dans tous ces commentaires, le plus important étant, comme dit une des personnes, si les personnes se mettent en 4 pour vous, et il y a tout de même un “couac” !!! on se sent gêné et très redevable !! j’essaie alors de ne rien laisser paraître et de rester discrète en passant le plat à mon mari…… je ne suis pas diagnostiquée “maladie coeliaque”, mais j’ai l’impression qu’au moindre écart, même en petite quantité, les réactions sont de plus en plus violentes ! et pourtant je fais très attention !
    Donc bon courage à toutes et tous, en espérant que notre entourage, restaurant et autres, prennent plus conscience de ces problèmes qui atteignent de plus en plus autour de nous….!

  4. boutemy mars 29, 2019 12:25 Répondre

    Chez mes sœurs, je viens les mains dans les poches, je sais que ma famille aura quelque chose de spécial pour moi s’il faut. Ma sœur a même acheté de la bière sans gluten pour que je puisse continuer de trinquer avec les autres
    !

  5. boutemy mars 29, 2019 12:29 Répondre

    Pour ma part je ne vais pas imposer a ma famille, ma femme et mes deux enfants alors qu’ils ne sont pas cœliaques il peux y avoir un problème d’alimentations il faut faire attention ,c’est ma femme qui regarde le plus et mes enfants regarde toujours les étiquettes quand nous allons manger dans la famille

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